29 décembre 2011
2011 en Musique
Cette année a été riche en découvertes musicales, grâce à deux amis que je considère comme très proches de moi, désormais : Les Inrocks et Spotify. Ils m'ont permis d'élargir mes horizons musicaux, et pour cela, je les remercie de tout mon coeur. Du coup, il n'y a pas de raison que le cinéma soit le seul à être de la fête pour un petit classement comme je les aime. Et mes albums de l'année sont...
10°/ YELLE – Safari Disco Club
Je m’attends à ce qu’on hurle et qu’on s’insurge. Mais je maintiens que cet album de Yelle est une réussite. Ou, disons, une semi réussite, puisque je n’en ai retenu que six chansons. Mais il mérite sa place dans ce classement, car le groupe a réussi à sortir de son ambiance débilou-kitschoune pour proposer une musique beaucoup plus primale, efficace, qui touche le corps directement au muscle. Safari Disco Club ou La Musique donnent une envie de bouger irrémédiable, tandis que S’Eteint Le Soleil clôt l’album de manière métaphysique inattendue.
09°/ FLORENCE + THE MACHINE – Ceremonials
Florence Welch et son groupe avaient été la découverte de l’année 2010. Lungs était un album parfait, entraînant, différent, impulsif, sincère. Tout l’inverse de ce Ceremonials qui se réveille beaucoup plus travaillé, plus maîtrisé, plus contrôlé. Moins viscérale, moins authentique. D’où une certaine déception. Mais grâce à certains morceaux comme Never Let Me Go, tout en retenue, What The Water Gave Me et sa mélodie entêtante, ou Strangeness & Charm et son énergie rappelant l’album précédent, Florence évite à son comeback de trop partir en vrille. Pas si désespérant que l'on pouvait le craindre, mais aussi fascinant que son prédécesseur.
08°/ OTHER LIVES – Tamer Animals
Jolie découverte que ce groupe venu des Etats-Unis. Avec ses magnifiques envolées mélodiques et ce chant chaleureux, Other Lives nous a pondu une petite merveille folk comparable à aucune autre. Loin de la simple musique relaxante, Tamer Animals n'en reste pas moins un disque bénéfique pour le corps, à la fois organique et rempli d'inspiration. For 12 est, sans comparaison, une des plus belles chansons produites cette année. À la fois profonde, solaire et mélancolique. Une des trésors de la musique indy à l’américaine.
07°/ EMILIE SIMON – Franky Knight
Franky Knight ne sera sûrement pas l’album d’Emilie Simon que les fans écouteront le plus, mais il est aussi touchant qu’il est monotone. En livrant ses peines, ses peurs, ses espoirs après la mort de son ancien fiancé décédé il y a deux ans, Emilie Simon nous a offert un cadeau très personnel qui touche directement au cœur. Jetaimejetaimejetaime et Holy Pool of Memories sont là pour témoigner de la sincérité de la compositrice qui sait puiser l'inspiration là où il faut : directement au coeur.
06°/ EVANESCENCE – Evanescence
Amy Lee sait se faire attendre. Après de LONGUES années, elle nous revient enfin avec un nouvel opus déjà très critiqué. Aux premières écoutes, il paraît très linéaire, très rock et aucune chanson ne sort vraiment de lot. Il faut s’armer de patience pour dissocier les chansons les unes des autres. Erase This, Lost In Paradise et My Heart Is Broken sortent vite du lot et sont devenues mes préférées de cet album taillé pour la scène. Seul regret : Evanescence semble avoir perdu son don pour l’émotion, les deux ballades étant assez plates.
05°/ GUILLEMOTS – Walk The River
A mon goût le meilleur album de rock anglais cette année. Là où les autres groupes ont tendance à limiter les parties instrumentales de leurs chansons, Guillemots s’attache à les travailler et à les développer. Avec des chansons qui atteignent les six, huit, dix minutes, le groupe prouve qu’il n’a peur de rien et surtout pas de leur pouvoir musical. Aussi à l’aise sur le rock énergique (Vermillion) que sur des mélodies plus lentes (Dancing In The Devil’s Shoes), Guillemots est grand.
04°/ ARMISTICE – Armistice
Petite tricherie de ma part, car Armistice n’est pas un album, mais un EP. Mais quand on réalise qu’un EP de cinq titres comme celui-ci parvient à obtenir le même nombre d’écoutes que d’autres vrais albums, impossible de chipoter. Armistice parvient à créer une ambiance fascinante, à mi-chemin entre le western et la musique façon mariachi. Le tout enrobé par les deux voix aussi différentes que complémentaires de cet étonnant duo qui réussit le pari incroyable de me faire aimer Cœur de Pirate. Surtout sur God Will Get His Man.
03°/ GLOBUS – Break from this world
Globus est un de mes coups de cœur personnel. Je les ai d’abord découvert grâce à une chanson faite avec Anneke sur leur précédent album. Mais ce dernier laissait trop de place aux chœurs et manquait selon moi de maîtrise. Sur Break From The World, ils se sont entourés de chanteurs hyper compétents et ont composés des musiques absolument magnifiques. De la merveille The Promise à l’incandescente Black Parade, leurs chansons sont de purs bijoux où la magie de la symphonie côtoie l’énergie du rock sans encombre.
02°/ WITHIN TEMPTATION – The Unforgiving
Ils étaient aussi attendus qu’Evanescence par les amateurs de rock féminins. Leur dernier album, The Heart of Everything, avait été pour moi une belle déception. J’avais peur que le groupe aille vers une musique moins ambitieuse. The Unforgiving m’a prouvé le contraire. Très loin du métal symphonique qui les a fait connaître, plus impulsif, plus sombre mais magnifiquement produit, The Unforgiving est un album jouissif, énergique, majestueux. Du plaisir rock à l’état pur. Et tant pis si les fans ultimes n’apprécient pas la force pop de Sinéad : moi, elle me fait jouir sur place.
01°/ ANNA CALVI – Anna Calvi
Découverte de l’année pour moi, cette jeune femme semble venue d’un autre monde. Non pas parce qu’elle fait une musique spéciale ou hyper originale, mais parce qu’elle a une aura un peu particulière. Celle d’une artiste aussi timide qu’amoureuse de la musique, guitariste talentueuse à s’en damner et chanteuse à la voix fiévreuse. Certains la comparent à PJ Harvey. Comparaison flatteuse, mais leurs univers sont très différents. Le monde d’Anna Calvi est passionnel, ardant. Il n’y a qu’à entendre sa reprise du Jezebel d’Edith Piaf pour le réaliser.
Ils auraient pu figurer dans le top si j'avais eu le temps de les écouter à temps : Camille - Ilo Veyou, Nightwish - Imaginaerium, Deus - Keep You Close, Feist - Metals, The Antlers - Burst Apart, Neil Gallagher - High Flying Bird...
Albums Pas de l'Année les Plus Ecoutés Dans l'Année :

Chansons Préférées de l'Année (en se limitant à une chanson par artiste - dur !) :
10°/ Zola Jesus - Vessel
a
09°/ Yelle - S'éteint Le Soleil
a
08°/ Armistice - God Will Get His Man
a
07°/ Within Temptation - Sinéad
a
06°/ Florence + The Machine - Never Let Me Go
a
05°/ Lana Del Rey - Blue Jeans
a
04°/ Globus - The Promise
a
03°/ Anna Calvi - Jezebel
a
02°/ Other Lives - For 12
a
01°/ The Gathering - Heroes For Ghosts
a
La Déception de l'Année : Dirty Projector + Björk - Mount Wintterberg Orca
Ca fait longtemps que Björk n'a pas fait de véritables chansons comme elle en faisait à l'époque de Bachelorette, Vespertine etc. Et ça manque. Les Dirty Projectors ne sont pas connus pour faire de grandes chansons, mais on pouvait espérer de cette rencontre une musicalité différente. Finalement, c'est très bizarre, c'est fait de bruits, d'ambiances qui, musicalement, ne valent pas grand chose. Alors certes, c'est un projet caritatif, mais vendre ce mini-album de sept titres et vingt-et-une minutes pour une quinzaine d'euros, c'est limite scandaleux.
Le Soufflé qui fait "pschiit" de l'Année : Lady Gaga - Born This Way
Lady Gaga a atteint des sommets d'argent, de créativité et de popularité il y a deux ans pour son Fame Monster. Le problème, c'est qu'elle en a fait trop. Et quand on laisse trop de liberté à un artiste qui veut surprendre et s'amuser, ça finit rarement bien. Résultat, Lady Gaga est partie en live, a fait miroité ses fans pendant des mois, est partie en trip organico-alien, a accumulé les fautes de goùt et perdu toute fantaisie pour devenir bizarre et s'est coupée d'une bonne partie de son public. Et en plus, son album est à 50% mauvais. Pschiit ?
L'Acteur-Chanteur de l'Année : Jeff Bridges - Jeff Bridges
J'avais pensé mettre Mélanie Laurent, par pure provocation. Mais ça aurait été bidon, je n'ai pas pu écouter son album. Jeff Bridges, en revanche, a été une grosse surprise. Après avoir vu le film Crazy Heart, dans lequel il jouait - parfaitement - une ex-star de country sur le retour, aller jeter une oreille à son album de country était naturel. Et objectivement, le bonhomme se débrouille bien. Je ne sais pas à quel point il a participé aux paroles, musiques etc., mais sa voix est douce et envoutante et JB arrive parfaitement à placer sa voix comme il le faut pour procurer des frissons intenables. Either Way est une merveille. Après, c'est sûr, il faut aimer ce genre de musique...
17:52 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22 décembre 2011
2011 en ciné. Bien ou pas bien ?
Puisque la fin de l’année approche dangereusement, que bientôt viendra l’heure des bonnes résolutions, des vœux en tous genres et des attentes pour la nouvelle année à venir, profitons pour l’heure de l’opportunité charmante que nous offre ces quelques jours : celle de regarder en arrière et de tirer un bilan des 365 jours qui viennent de s’écouler et, surtout, de faire de jolis petits classements. Du genre : qu’est-ce que le cinéma nous a fait de beau, en 2011 ?

10°/ Tomboy, de Céline Sciamma : Je tiens à suivre cette jeune réalisatrice depuis que j’ai vu sa Naissance des Pieuvres il y a quelques années. Comme celui-ci, Tomboy garde un œil bienveillant sur l’enfance, ses incohérences, ses mystères, ses troubles. Avec une jeune comédienne douée, un sujet délicat et une infinie tendresse pour ses héros.
09°/ Une Séparation, d’Asghar Farhadi : Beaucoup de genres concentrés en un film. Drame familial, conflit social, à la limite du thriller, Une Séparation est un très bel exemple de ce que le cinéma iranien a à offrir et fait passer son spectateur fasciné de la tendresse à la colère, en passant par l’incompréhension et le dépit. À voir !

08°/ L’Affaire Rachel Singer, de John Madden : Contrairement à d'autres films du même genre, celui-ci sait vous attraper, dès la première minute, et ne vous lâche plus avant la fin. Le dispositif passé/présent aiguise habilement le suspense. En y ajoutant la question du poids d’un mensonge trop lourd, le film captive et ne déçoit (presque) pas.
07°/ Et maintenant on va où ?, de Nadine Labaki : On ne peut s’empêcher de sourire. Plus les ennuis s’amoncellent, plus les personnages redoublent d’ingéniosité et d’intelligence. La bonne humeur de ces femmes est terriblement contagieuse, le casting est parfait, Nadine Labaki est magnifique et l’image sublime. Une belle réussite.

06°/ Le Skylab, de Julie Delpy : J’avais parlé de mon incompréhensible attachement au cinéma de Julie Delpy il y a quelques mois. Le Skylab a réussi à rester quelque part au fond de mon cœur pendant tout ce temps. Pour sa bonne humeur, pour ses fous rires, pour l’impression d’avoir été en vacances pendant une heure et demie.
05°/ Fighter, de David O. Russell : J'avais l’impression que le cinéma avait fait le tour du film de boxe. Mais autour d’un script intelligent, transformant le pseudo-film de boxe attendu en chronique d’une famille archi-dysfonctionnelle, et aidé par des acteurs plus qu’inspirés, David O. Russell réalise un excellent film que l’on n’attendait pas.

04°/ True Grit, de Joel & Ethan Cohen : L’humour à la sauce des frangins est toujours là, l’utilisation de personnages qui passent pour des blaireaux et les accents à couper le couteau aussi. Jeff Bridges est épatant, la gamine aussi. Les paysages sauvages, les répliques savoureuses et le caractère de cochon des héros font de ce film un vrai plaisir.
03°/ Super 8, de J.J. Abrams : plus un double hommage, à l’enfance, ses jeux, ses joies, ses peines, et au cinéma, l’art, le divertissement, qu'un film de SF. Les jeux de lumières sont superbes, Elle Fanning est parfaite et les émotions appelées par l’histoire n’ont rien de factices. Le meilleur blockbuster de l’année, sans aucun doute.

01°/ EX AEQUO. Polisse, de Maïwenn et Black Swan, de Darren Aronofski
Départager les deux premières places aurait été un calvaire. Ils sont trop différents, trop éprouvants, trop hypnotisants. Polisse a été le choc émotionnel de l’année, une véritable épreuve autant qu’une véritable fascination. Black Swan a davantage été un choc artistique, un coup de cœur profondément sincère. Le premier a eu le courage d’affronter un sujet a priori décourageant, le second l’ambition de se frotter à un milieu a priori peu passionnant. Et tous deux s’en sont sortis avec les honneurs et un succès mérité. Bravo et merci, Darren et Maïwenn.
a
a
Auraient pu figurer dans la liste si je les avais vus à temps :
Incendies, Essential Killing, A Dangerous Method, Restless, Blue Valentine, Hugo Cabret...
Capital Award de l'Acteur de l'année

Capital Award de l'Actrice de l'année

Capital Award du Duo de Cinéma

Capital Award de la Grosse Bouse de l'année

Capital Award de la Révélation de l'Année
Honnêtement, mon coeur a eu envie de mettre en avant la jeune Elle Fanning, qui, avec ses deux beaux films Somewhere et Super 8, réussit à se faire une jolie place dans le grand cinéma américain. Mais Elle n'a plus grand chose d'une révélation, désormais. Celle qui était vue comme "la petite soeur de Dakota" a finalement pris la place de sa grande soeur qui, devenue adolescente, semble avoir désintéressé les directeurs de casting. En témoigne ses rôles dans Babel, Dirty Sexy Money ou Benjamin Button. Et puis, en y réfléchissant, il y a un autre nom qui apparaît, à la fois évident et adapté.
Jessica Chastain était une grande inconnue avant que Terrence Malick ne l'a fasse exploser grâce à son étrange Tree Of Life. À mon humble goût, la vraie qualité de ce film est d'avoir réussi à mettre en lumière la grâce, la beauté, l'incandescence de Jessica Chastain, rouquine flamboyante aux yeux brillants. La poésie du film convient parfaitement à ses gestes agiles et grâcieux, et ne semble finalement qu'être un prétexte pour la mettre en lumière. Retrouvée quelques mois plus tard dans L'Affaire Rachel Singer, dans un registre très différent, beaucoup plus sombre et énergique, Jessica Chastain impressionne, et l'on se demande comment elle a pu rester anonyme aussi longtemps. Et ce n'est pas son rôle dans La Couleur des Sentiments qui nous fera changer d'avis : même en blonde candide, elle est parfaite et lumineuse. Pas de doute, Jessica Chastain est LA révélation de l'année.

22:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 octobre 2011
Le Skylab
Il y a quelque chose dans le cinéma de Julie Delpy qui fonctionne particulièrement bien sur moi. Pourtant, on ne peut pas dire que ses long-métrages se ressemblent. La Comptesse était une reconstitution classique d'une époque assez sombre à l'histoire particulièrement glauque, Two Days In Paris avait un humour cynique et allenien ravageur. Et le Skylab, lui s'engage dans une toute autre voie, la chronique familiale lumineuse. Delpy serait-elle une femme touche à tout ?
Replaçons les choses dans leur contexte : Le Skylab voit les différents membres d'une famille particulièrement vaste (ils doivent, enfants compris, être près d'une trentaine...) se réunir en Bretagne pour fêter l'anniversaire de la Grand-Mère à la fin des années 70, lorsqu'une station spatiale américaine menace de s'écraser dans la région. Le spectateur est ainsi témoin d'un moment de bonheur familial tout droit ressorti de la mémoire de Julie Delpy, qui a puisé l'intrigue de ce film dans son passé pour rendre hommage à sa mère décédée quelques années plus tôt.
Le Skylab a de merveilleux qu'il semble totalement dépourvu d'éléments dramatiques. Hormis la menace invisible de la station spatiale, rien ne perturbe véritablement le week-end. Le film se pose alors comme une simple chronique familiale, enchaînant les scénettes attendues : le déjeuner, la sortie à la plage, les bêtises des enfants, la fête du village, les histoires d'horreur sous la tente... Mais au lieu d'essayer d'éviter les clichés, Julie Delpy les assume et réussi, par son habileté reconnue et ses dialogues toujours très intelligents à les rendre touchants. Le tout obtient une fraicheur vivifiante, comme un beau rayon de soleil en ce début de mois d'octobre morne et pluvieux.
Beaucoup moins écrit que d'autres films de groupes (comme, par exemple, Les Petits Mouchoirs, dernier film de vacances entre potes en date), Le Skylab semble laisser plus de libertés à ses comédiens et donne l'impression que leur instinct et leur talent d'improvisation ont été mis à contribution. Peut-être n'est-ce qu'une illusion, tant la scénariste Julie Delpy possède un véritable don pour l'écriture des répliques qui font mouche. Encore un fois, des phrases bien senties ponctuent le film et déclenchent inévitablement sourires et bonne humeur. Répliques que Delpy a eu l'intelligence de ne pas se réserver. Entourée d'une bande de comédiens reconnus mais pourtant de seconde zone, la cinéaste a réussi à (re)créer une famille à laquelle on croit, sans qu'elle se retrouve écrasée par les personas de comédiens trop célèbres. Gagnant tour à tour leur petit moment de bravoure, ils sont tous d'une grande justesse, voire d'une grande génialosité, disons-le. Eric Elmosino, en papa un peu baba cool, Julie Delpy, en mère gauchiste et féministe, Albert Delpy, en grand-père à l'ouest, ou Vincent Lacoste qui a - bien - grandi depuis Les Beaux Gosses, sont juste formidables. Leur talent, en adéquation avec celui de la cinéaste, permet de rendre certaines scènes, pourtant longues et peu passionnantes en soi (les chants, la blague dans la voiture, l'histoire d'horreur) absolument jouissives et hilarantes.
Ajoutons à ça des situations cocasses, comme une chanson paillarde chantée par un garçon de dix ans à l'oreille de sa grand-mère, les premiers émois amoureux d'une demoiselle qui sort de l'enfance, des chamailleries d'ado ou des engueulades entre gens de droite fan de Cloclo et les artistes gauchos amateurs de Barbara, et l'on finit par se dire qu'il fait bon vivre au sein de cette famille où l'on ne s'ennuie jamais. Et cette agréable sensation, c'est à Julie Delpy qu'on la doit, une fois encore.

17:24 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 avril 2011
Première recette EVER ! *exclu*
Tout le monde sait que j'adore cuisine, que je le fais souvent. Les facebookiens ont l'habitude de voir quelques photos, de temps en temps, de ce que je parviens à faire. Histoire de partager un peu ce plaisir, je vous fais une petite fleur : Capital of Nowhere est fière de vous présenter sa première recette culinaire ! Allez, à vos fouets tout le monde, c'est parti !

01:00 Publié dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, cake, saumon, courgette, chèvre
10 avril 2011
Morning Glory, ou le dilemme du scénariste
Morning Glory n'est pas le meilleur film de la décennie, même pas de l'année, ou du mois. Vendu comme un film pour gonzesse à coup de "par le réalisateur de Coup de Foudre à Notting Hill" ou "par la scénariste du Diable s'habille en Prada", il va surtout résonner particulièrement dans la tête d'un autre panel pas forcément pris en compte par les responsables marketing : les scénaristes !
Morning Glory suit les aventures d'une jeune productrice TV qui accepte de prendre les rênes de l'émission matinale la moins suivie de la télévision américaine. Evidemment, au cours de ce parcours du combattant, elle va trouver une famille, une respectabilité et l'amour. Mais à vrai dire, le côté romantico-solidaire de l'histoire n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus intéressant dans le film. Ce qui nous tient à notre fauteuil, c'est d'avantage l'arc sur sa prise en main de l'émission. Par ce que, bien sûr, ça va être difficile, il va falloir jouer avec les attentes de la chaîne, l'égo des présentateurs, le cahier des charges, les envies des téléspectateurs... Et c'est là que le scénariste qui regarde le film commence à se sentir en terrain familier.
Faut-il virer sa tête d'affiche pour la remplacer par une star adulée par les téléspectateurs afin de créer l'évènement et faire parler de soi ? Faut-il aller vers le spectaculaire afin de racoler d'avantage de spectateurs et faire monter l'audimat ? Faut-il mettre de côté sa conception de la télévision pour se fondre dans les attentes de la chaîne ? Quel scénariste ne s'est jamais posé ces quelques questions à propos des projets qu'il tente de vendre, ou ceux sur lesquels il travaille ? L'audiovisuel est un monde de requin, c'est bien connu, alors comment s'en sortir ? On peut mettre Morning Glory en parallèle avec Episodes, la série anglo-américaine avec Matt LeBlanc sur ce sujet. Elle suit les mésaventures de deux scénaristes britanniques engagés à Los Angeles pour tourner le remake américain de leur série et devant faire de multiples concessions dégradantes pour que le remake voit le jour.
Ce n'est pas difficile de savoir ce qui est facilement vendable et qui fera un probable carton. Une comédie à l'humour bien regressif, avec des personnages qu'on met dans des positions ultimes et totalement innattendues. Généralement, ça fait rire, d'un rire assez gras, le genre de rire que condamnaient les Grecs pendant l'Antiquité ou l'Eglise durant le Moyen-Âge. L'ironie de la chose est que Morning Glory met en avant cette dualité tout en n'étant jamais aussi drôle que lorsqu'elle prend la route de l'efficacité : en mettant un pauvre journaliste simplet en haut d'une montagne russe ou en le faisant sauter en parachute, ou encore en mettant Diane Keeton dans la peau d'un sumo. Les mignonnes maladresses de Rachel McAdams et la mauvaise humeur d'Harrison Ford sont rafraichissantes, mais le film ne délivre son lot de fou rire qu'en dérivant vers le spectaculaire. Au fur et à mesure que l'émission baisse dans l'estime de son présentateur phare, elle gagne en audimat et en respect de la part des actionnaires. Est-ce dont la solution, finalement ? Pour éviter l'annulation d'une série, pour vendre son film, pour se faire sa petite place, faut-il aller là où l'on sait que le projet gagnera en efficacité comique ?
En France, elles sont légion, ces comédies. Les Camping, Rien à Déclarer, ou, outre-atlantique, Mary à tout prix et autre Very Bad Trip font des cartons tout en privilégiant un humour bas-de-gamme à base de gags gras ou de slapstick. Ce qui n'en fait pas de mauvaises comédies, comprenons-nous bien, certaines s'en sortent mieux que d'autres en essayant de rechercher des gags inattendus, des dialogues percutants. La vérité est que les américains s'en sortent beaucoup mieux que nous dans ce domaîne. Mais là n'est pas le sujet. On sait juste que "comédie bâteau" plus "star bankable" est, généralement, source de succès. Une ptite comédie avec Dubosc, Mathilde Seigner, Virginie Efira, Kad Mérad et consort trouvera toujours son public. Alors on en vient à se demander : pourquoi ne pas écrire ce genre de film facile, histoire de gagner un peu de thune pour se payer un appartement décent ? Du genre... "Mettons Cornillac et Boon, deux malfrats pas très doués de leurs dix doigts, qui décident, sur un coup de tête, de cambrioler un musée afin de s'approprier une toile inestimable. Leur plan, parfait en apparence, ne pouvait pas tomber à l'eau. C'était sans compter sur la présence d'une guide du musée aussi bavarde qu'intrépide, appelons-la Nakache, et surtout d'un gang de cambrioleurs bien moins amateurs qu'eux. Humiliés et vexés, les trois compères d'infortune décident de récupérer la toile et coûte que coûte ! Qu'importent les dangers : ils auront leur revanche !".
Allez, on dit 2 millions d'entrées minimum ?

12:17 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : scénariste, cinéma, morning glory, diane keeton, harrison ford








